Dans bien longtemps je suis passée dans ta rue, par un hasard qui n'en fut pas un. J'y ai vu ta fenêtre, ton immeuble et l'air que tu y respires. J'y ai remonté cet escalier si souvent descendu en espérant t'y croiser, mais je n'y ai vu que le souffle du vent. Je n'y ai senti que le frisson froid de décembre sous ma peau. Et alors une solitude profonde empreinte de tristesse m'a envahie.
Ici, rien n'était plus.
Quand je serais grande, j'aurais de l'or au bout des doigts qui transformeront mes crayons et mes pinceaux en de véritables baguettes magiques. Je serais une fée qui d'un coup de petit doigt
emplira de fleurs chaque bout de jardin perdu. J'inventerais le chant des oiseaux et l'odeur du vent. Les couleurs du soleil éclateront de pigments. Et le ciel toujours éblouissant couvrira de
son bleu resplendissant la fraicheur des fôrets bordant la maison de mes rêves. J'inonderais d'étoiles les rivières et les mers. J'étalerais des litres de perles sur les routes.
Quand je serais grande, je serais une fée, belle, fantastique, qui brille dans la nuit. Toute petite, toute mignonne, je serais la plus jolie fée qui soit.
Il y a des monstres coulés dans votre coeur et qui vous arrachent les veines comme on effeuille une marguerite.
Il y a des monstres dans votre tête qui embuent vos yeux et font bourdonner vos oreilles.
Il y a des monstres qui à coup de marteau vous tapent sur les épaules et vous rendent encore plus misérables.
Il y a des monstres qui vous mangent les os et font des noeuds dans vos muscles.
Il y a des monstres qui installent vos peurs et les font grandir d'angoisse.
Il y a des monstres qui sont en vous et qui le seront toute votre vie.
Tu prends la première rue à droite. Tu traverse le petit parc, la fontaine chante, les oiseaux piaillent.
Tu continue à suivre les pavés de la rue qui clapote sous les sabots du cheval de la calèche qui passe.
Tu arrive à l'escalier. Descends. Toutes ces marches... Lève la tête... C'est là, tu vois. Oui, c'est cette fenêtre où les stores sont bleus. Tu crois qu'il y q quelqu'un?
Va voir.
Tu passe la grosse porte bleue. Tu es dans le sas de l'entrée. Tu vois toutes ces boites aux lettres, parmi elles, il y a la sienne.
Tu passe l'autre porte. oui, c'est un joli patio, calme et agréable.
Tu prends l'ascenceur et tu va au quatrième.
Tu sors.
On dirait une terrasse. Toutes ces portes bleues. C'est quoi le numéro déjà? Tu ne sais plus, tu hésites. Tu crois que c'est celle-là? Tu frappes de peur. Tu entends du bruit. Tu entends les clefs dans la serrure.
On t'ouvre...
C'est lui...
Je suis heureuse quand...
Je suis heureuse quand je vois le soleil. Je suis heureuse quand je vois la lumière. Je suis heureuse quand ma maison est propre. Je me sens heureuse quand je vois les chosees que je désire qui avancent. Je suis heureuse quand je vois que le monde est heureux autour de moi. Je suis heureuse quand les soucis s'en vont loin de moi. Je suis heureuse quand je vois mes enfants danser.
J'ai peur de ...
J'ai peur de certaines de mes angoisse. J'ai peur de me retrouver seule, démunie, sans pouvoir aider ou m'occuper de mes enfants. J'ai peur de ne rien réussir. J'ai peur de me lancer et de ne pas me rattraper. J'ai peur d'avoir trop peur. J'ai peur de ne pas faire les choses qu'il faut au bon moment. J'ai peur que mes enfatns ne soient pas heureux.
J'aime - J'aime pas!
J'aime avoir du temps pour moi. J'aime entendre le silence qui lentement se répend dans mon chez moi. J'aime rêver à des choses impossibles et croire qu'elles le sont. J'aime penser que l'avenir sera meilleur, que le plus reste à venir. J'aime voir le bonheur dans les yeux de mes enfants. J'aime snetir qu'ils m'aiment et qu'ils ont besoin de moi. J'aime les voir grandir. J'aime voir qu'ils sont intelligents, qu'ils ont envie de me montrer qu'ils sont grands. J'aime voir leurs yeux malicieux. J'aime jouer à leurs jeux. J'aime penser que le bonheur que je leur construis sera parfait pour eux. J'aime savoir qu'ils sont épanouis et heureux. J'aime les calins de mon fils et les gazouillis de ma fille. J'aime leurs sourires quand ils me voient. J'aime que mes caresses les réconfortent. J'aime voir qu'ils ont un chez eux et qu'ils s'y sentent bien. J'aime voir l'inventivité de leurs bétises.
Je n'aime pas le bruit. Je n'aime pas me sentir seule. Je n'aime pas les gens avec qui j'ai travaillé. Je n'aime pas chercher du travail, ni me présenter à des entretiens. Je n'aime pas la façon dont les gens me toisent quand je vais dans les institutions de chômage. Je n'aime pas quand le ciel est gris. Je n'aime pas quand il fait froid. Je n'aime pas quand il pleut. Je n'aime pas l'indiscrétion des gens. Je n'aime pas quand on sait tout de moi. Je n'aime pas qu'on vienne dans mon chez moi.
Commentaires